L’audiovisuel en France : de Vichy à Vichy Fév10

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L’audiovisuel en France : de Vichy à Vichy

L’audiovisuel en France : de Vichy à Vichy


 

Les médias en France et dans le monde ont une influence directe sur le mode de pensée de chaque individu. Si on dit à une personne, de sa naissance jusqu’à sa mort, que les différences ethniques font la différence morale, alors elle va y croire toute sa vie.
On ne va pas se voiler la face, c’est l’exécutif qui contrôle les médias en France.

De plus, nous sommes dans un gouvernement de gauche… enfin c’est ce que dit le M’sieur à lunettes. Donc, normalement, on devrait avoir bien plus de diversité à l’écran. Ce qui est marrant c’est que même un gouvernement censé faire respecter la diversité prend le contrôle des chaînes et des hautes fonctions liées au visuel.

La diversité est cruciale dans une société. Chacun doit pouvoir s’identifier à ce qu’il voit.

On dirait que les principales télévisions françaises ont peur de montrer autre chose que des blancs européens. Aurait-on peur d’un « arabe », d’un « noir » ou d’un « asiatique » ?

Le fait de renier ces autres ethnies et même de les exclure, me fait grandement penser au régime autoritaire instauré entre 1940 et 1944 : celui de Vichy. Là, au moins, pas d’inquiétude. Tout ce qui n’était pas blanc était envoyé en camps.
On parle d’ethnies, mais il n’y a pas que celles-ci à subir de la discrimination.
Quand fut la dernière fois qu’un non-voyant présenta un Journal télévisé ? Qui fut le dernier comédien en fauteuil roulant ? Qui fut le dernier candidat sourd à jeu télévisé ?

Parmi ceux qui veulent faire bouger les choses, ne comptons surtout pas la sitcom française Plus Belle la Vie. Bien sûr qu’il y a des noirs, des arabes, des asiatiques. Mais comment sont-ils présentés ? Ils arrivent en étant délinquants ou ayant un rapport avec, parlent de mafias, et leurs intrigues sont liées à de sales affaires. Quoique les asiatiques soient un peu mieux considérés. Comme si on voulait faire passer le message : quand le méchant arabe ou noir fera une bêtise, le gentil blanc sera là pour protéger la veuve et l’orphelin blancs. Parce qu’il faut aussi noter que les blancs ne sont pas franchement majoritaires dans tout ce qui est délinquance. Concernant le handicap ? Déjà il n’y en a pas beaucoup. En plus c’est seulement par période, (effet de mode), et la plupart du temps ceux qui les jouent sont des valides. Bravo la tolérance !
Mais parmi ceux qui se battent et luttent nous retrouvons le CSA (Conseil Supérieur del’Audiovisuel) avec son combat pour la Diversité. Madame Mémona Hintermann, conseillère dans cette grande institution depuis 2013, a fait de ce combat un véritable programme. Voici quelques citations qui valent bien des mérites :

« Les télés ont peur de montrer des Noirs et des Arabes »

« Sur la diversité, je ne reculerai pas, sinon je ne sers à rien »

Née d’un père indien musulman et d’une mère créole chrétienne d’origine bretonne,
elle est l’exemple même de la diversité. L’amour entre deux êtres opposés en apparence mais identiques à l’intérieur.
Elle parle franchement et ne mâche pas ses mots. Quand elle parle aux patrons de la
télévision française, elle leur dit clairement, droit dans les yeux :

« Voyez-vous comment vous vous ressemblez ? »

(en parlant de leur couleur de peau). Mais en face, dans un profond désarroi, la réponse est toujours la même :

« Il faut du temps »

Mais du temps pour quoi ?

Cela fait des années qu’elle leur explique quelque chose de fondamental pour eux : que de ne pas hésiter à présenter un homme de couleur plus compétent qu’un homme blanc fait gagner de la crédibilité à une chaîne. La compétence doit primer sur le reste. De plus, les chiffres sont là : les télévisions perdent énormément d’audimat au fil des années et ainsi de l’argent. Les gens se désintéressent de la télé. Ils ne s’y reconnaissent plus. C’est justement pour s’exporter à l’étranger que les chaînes doivent diversifier leurs intervenants !!
Elle dit même lors d’une interview :

« La diversité est dans l’intérêt des patrons de chaînes »

     Et aussi :
« Comment voulez-vous qu’un groupe comme Canal+ […], le groupe M6 ou même TF1 vendent leurs productions à l’étranger si ce qu’ils montrent déjà aux français ne représente pas ce vaste monde ? »

Pour faire avancer les choses, le vrai problème est notre manque d’outils.

« Nous manquons de statistiques ethniques », affirme Mémona.

Même si ce terme peut faire peur, il aiderait néanmoins à déterminer les politiques publiques.

Plusieurs solutions sont déjà envisageables pour entamer la démarche vers la diversité :

– Éduquer les écoliers aux médias ;

– Normaliser les autres ethnies, et les personnes handicapées sur les écrans.

Il ne s’agit pas là de faire du favoritisme, mais de choisir les vraies personnes compétentes et aussi pour donner une visibilité à toutes les ethnies.

C’est par ces moyens que l’on cessera de voir les arabes comme des casseurs,
les noirs comme des voleurs et les asiatiques comme des « crève-la-faim ». Ainsi les clichés tomberont et ce système semblable à Vichy s’écroulera telle une citadelle entourée de murs épais. Les gens ne doivent plus avoir peur de qui que ce soit et le racisme se réduira de plus en plus.
« Pour donner du courage aux gens, il faut leur en montrer d’autres qui ne leur ressemblent pas forcément ; qu’il y a l’autre, mais que l’autre peut apporter quelque chose qu’ils n’ont pas ».

Par cette citation de Mémona, on comprend très bien qu’on a besoin de l’autre pour avancer.

Souvenons-nous de la citation de Robert Baden Powell :

« Tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin ».