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MASON EWING : JE SUIS UN ENFANT, TUEZ-MOI !

MASON EWING : JE SUIS UN ENFANT, TUEZ-MOI !


 

Comment la justice française peut-elle s’acharner autant sur une seule et même personne ? On dit que la balance s’équilibre avec un procès. Mais parfois, les deux plateaux de cette balance sont tellement inégaux qu’une partie est catapultée en-dehors du cercle de la justice et de la morale.

 

C’est à seulement 3 ans qu’on lui a dit « Ta maman est partie rejoindre les anges ». Emmené ensuite de force loin de chez lui (du Cameroun), il est accueilli à l’âge de 6 ans par son oncle et sa tante : Lucien et Janette Ekwalla (qui résident toujours en Seine et Marne). Mais pendant 8 longues années, Mason a été l’objet de violentes tortures et barbaries physiques et morales qui eurent raison à terme de ses nerfs optiques. Parmi les « sentences » toutes plus brutales les unes que les autres, nous retrouvons la purée de piment sur les yeux et dans le sexe, les brûlures corporelles (avec des allumettes ou un briquet), les séquestrations pendant 8 ans dans une chambre, affamé, la tête cognée contre le carrelage … Toutes les humiliations étaient bonnes pour le – soi-disant – « punir » lorsque les pulsions perverses de ses deux tuteurs légaux surgissaient, tels deux masochistes enchaînant leur victime. La méchanceté de ces deux êtres n’a jamais eu aucune limite.

Mason ne fut pas le premier enfant à subir ces violences. Un jour, alors que sa cousine Agnès était venue récupérer ses affaires à l’appartement de la rue Lazare Carnot à Pontault-Combault, une violente dispute éclata entre elle et Janette. L’ignoble femme l’entraina dans une chambre où elle  s’enferma avec elle, avant de … la balancer du deuxième étage ! Le corps d’Agnès fut retrouvé par le jeune garçon et la jeune femme dû ensuite passer de très longs mois à l’hôpital. Trouver sa cousine dans un tel état, ce fut un choc terrible pour cet enfant qui n’avait alors que 10 ans. Il se souvient comme si c’était hier de la police, les pompiers, les sirènes hurlantes, de sa tante lui a demandé de mentir. Sinon, il savait parfaitement qu’il aurait eu des représailles.

 

En 1993, voulant faire cesser ces traitements, Mason trouva conseil auprès d’un de ses camarades de classe (Jean-François Bolmin, lui-même placé à l’Aide Sociale à l’Enfance) du collège de La Rochefoucauld à La Ferte-sous-Jouarre. Ce dernier lui conseilla de fuguer. C’est grâce aux conseils de son camarade qu’il apprit que dans ce pays – la France -, les enfants ont des droits. Que des lois existent pour les protéger. A partir de ce jour, il fit des dizaines et dizaines de tentatives de fugue. A chaque fois, il alla voir ceux qui sont censés faire appliquer lesdites lois qui protègent les enfants maltraités. Mais son camarade avait oublié de lui préciser un détail : le principal défaut de cet enfant,  c’est qu’il est noir. C’est à cause de ce détail qu’il n’a jamais été écouté par la Police, qu’il n’a jamais vu une assistante sociale … Bien au contraire, alors qu’il cherchait protection et réconfort, de la police il ne reçut que des insultes, des coups de poings ou de matraque, quand ce n’était pas une garde à vue, enfermé comme un prisonnier ! Quel était son crime ? Est-ce humain d’enfermer un enfant dans un endroit où les délinquants, les drogués et les voleurs se bousculent, s’insultent, se hurlent dessus ?

Alors qu’il n’avait que 11 ans, le premier foyer d’urgence l’ayant accueilli fut la Croix Nivert, dans le 15ème arrondissement de Paris. Mais le sort continue à s’acharner contre lui. Après y avoir passé une nuit enfin paisible, le directeur le convoqua pour qu’il explique ce qui se passait chez son oncle et sa tante… mais à sa grande surprise, Janette était également convoquée à cet entretien. Mason ne put rien dire. Tétanisé, mortifié, il se braque et se contente de baisser la tête.

Ses autres tentatives de fugues le conduisirent dans les commissariats de Dijon, La Ferte-sous-Jouarre, Pontault-Combault et à Paris à la Gare de l’Est, la Brigade des Mineurs… Désespéré, cherchant désespérément de l’aide, il est même allé jusqu’à simuler des amnésies… Mais rien n’y fait. Comme si un complot avait été monté contre lui, comme si sa photo circulait dans les bâtiments officiels, comme si tous les policiers de France étaient à sa poursuite …

Mason a eu une enfance très dure et a subi d’horribles atrocités mais il n’est malheureusement pas un cas isolé. Le Comité Contre l’Esclavage Moderne a déjà aidé une cinquantaine de victimes comme lui. Mais ce sont seulement 50 cas qui ont été avérées. Combien d’autres enfants subissent le même sort à l’abri des regards et sans que personne n’en parle ? En 2000, le journal Esclavage Moderne écrit :

« Depuis 3 ans, le CCEM a assisté 48 victimes arrivées mineures sur le territoire français. Ces enfants  doivent bénéficier d’une protection particulière, car, plus que les adultes, ils sont exposés à des maltraitances. Ainsi 34 de ces enfants ont été victimes de violences, 15 ont été violés, 9 ont fait l’objet d’actes de torture et de barbarie, 1 adolescent est devenu handicapé, 1 jeune fille est décédée. »

Le sort réserve à ces enfants toutes sortes de maltraitances : des privations de nourriture, de sommeil, du travail forcé, des coups de massue, des dictionnaires à porter à bout de bras. Le même journal poursuit encore :

« 34 enfants ont fait l’objet de punitions : privations de nourriture, coups, introduction de purée de piment dans les yeux et les organes génitaux… »

Cette fameuse purée de piment rappelle à Mason des souvenirs très douloureux. C’est
quelque chose d’extrêmement fort, aussi bien au goût qu’au toucher. Pour vous donner une idée, il s’agit d’un mélange à base de piments rouges africain très fort mélangé avec de l’ail, des oignons, du sel, du poivre et de l’huile. Ce piment est destiné à être mangé en tant que sauce mais en très petite quantité. C’est le supplice atroce qu’a subit Mason pendant 8 ans.

Les méthodes de torture envers les enfants sont multiples à travers le monde. Les bourreaux d’enfants ne manquent pas d’imagination et il y a certainement beaucoup de pratiques qu’on ignore encore, qui ne nous viendraient même pas à l’esprit et qui pourtant font énormément de dégâts sur des enfants sans défense dans tous les pays du monde.

Janette et Lucien Ekwalla avaient aussi une fille : Patience D. Elle a eu plus de chance que Mason. Une voisine de l’époque (à Choisy-le-Roi) avait averti les forces de l’ordre et elle fut immédiatement placée en foyer. Malgré les antécédents du couple avec leur fille, les plaintes de Mason et les avertissements de la Principale du collège de La Rochefoucauld (Madame B.), personne n’a bougé le petit doigt, rien ne fut fait pour lui.

Pendant des années, la justice est restée aveugle, sourde à ses cris de désespoir. Qui est supposé  protéger un enfant, orphelin, sans défense, loin de son pays natal, subissant les pires atrocités ? Qui sont ces gens, censés défendre les enfants ?

Même les directeurs de foyers pour jeunes le maltraitent, allant jusqu’à lui mettre des « claques ». Depuis le début d’année scolaire en 1993, il est baladé entre le foyer d’Orgemont à Meaux et l’enfer (c-a-d l’appartement des Ekwalla). Quelques mois plus tard, alors qu’il n’a que 12 ans et sans qu’il ne sache pourquoi, Madame K., son éducatrice de référence, le fait transférer à l’hôpital psychiatrique de la Salpêtrière à Paris, voulant s’en débarrasser pour avoir la paix.

Et pourtant il n’a rien à faire dans un hôpital psychiatrique. Son problème est ailleurs. Doncsi nous résumons tout simplement, Mason se fait battre, torturer, mettre en foyer, en famille d’accueil et, pour couronner le tout, il se retrouve dans un endroit où les gens ont des problèmes mentaux. Alors que, pendant ce temps, ses tuteurs qui sont deux ivrognes, qui torturent leur enfant, leur neveu, restent tranquilles chez eux, libres et sans aucun problème ! Ca ne vous fait pas penser à un régime autoritaire ? Mussolini ne fut pas interné, contrairement à certains rebelles !!

Mais le tragique destin se précisa à l’approche de son 14ème anniversaire. En rentrant de
l’école début avril 1996, Mason sent sa tête lourde. Lourde de tous les coups qu’il a reçus, des brûlures mal cicatrisées, mais aussi lourde de chagrins, d’injustices. C’est ainsi que son esprit réagit, dit stop et que ses nerfs optiques cessèrent soudain de voir le monde tel qu’il est. Un monde où les tueurs sont graciés et les victimes souillées. Il tombe alors dans le coma pendant 3 semaines, subit 3 opérations à la tête et restera 3 mois à l’hôpital Necker de Paris. Un jour, après que son petit corps d’enfant inerte a été emmené à la morgue,  il revient miraculeusement à la vie ; depuis, ce jour, à Necker, on l’appelait « le ressuscité ».

 

 

En y réfléchissant aujourd’hui, Mason pense qu’il est plus qu’évident que ses tuteurs ne sont pas les seuls responsables. Bien sûr, ce sont eux qui ont jeté la première pierre mais les soi-disant protecteurs de la République et de l’ordre, la Police, ont eux aussi gravement failli à leur mission. Si seulement les gardiens de la paix – et de la haine – étaient moins racistes, Mason n’aurait jamais perdu la vue. Entre 1993 et aujourd’hui les deux seules choses qui ont changé dans le système judiciaire sont le personnel (ceux qui partent à la retraire sont remplacés par ces clones) et les spots publicitaires (des mannequins professionnels sont censés donner une image positive de la police). Tout cela n’est qu’une vaste hypocrisie.

A l’âge de 18 ans, épuisé par tant de souffrances, tant d’indifférence, de racisme et de déni, il décide de mettre fin à ses jours en se coupant les veines. Mais il est sauvé juste à temps puis emmené à l’hôpital psychiatrique à Coulommiers.

Placé par la DDASS en famille d’accueil, maintes insultes lui sont balancées au visage. Racisme, haine des non-voyants, méchanceté gratuite … il les subissait. « Tu n’es qu’un sale noir, tu mériterais d’être brûlé », voilà le  style de gentillesses qu’on lui prodiguait alors qu’il n’avait que 12 ans. En 1999, une certaine famille d’accueil a voulu le nourrir avec … de la nourriture pour chiens. Mais une fois de plus, ce détail n’étonna ni ne choqua personne. Car, finalement c’est bien l’État qui les autorisait à parler ainsi, à agir ainsi : en leur donnant leur agrément et en n’agissant pas, même après les alertes de Mason.

C’est finalement en foyer qu’il pu commencer à se reconstruire. Un bonheur de courte durée car en 2001, le jour de ses 19 ans, la rue le prit dans ses bras. Dans un centre pour Sans Domicile Fixe (Samu social), il dut survivre entre ivrognes, crasse, rats et cafards. N’ayant aucun scrupule quand il s’agit d’abuser des gens plus faible, un aide soignant, Monsieur Marcel B., lui fit des attouchements sexuels dans la salle de bain où il devait aider Mason à se doucher. Et comme il s’agit de la parole d’un blanc contre celle d’un jeune noir aveugle, l’affaire fut enterrée dans le tombeau de la justice. Comme si la Justice française laissait toujours les prédateurs continuer à « s’amuser » comme bon leur semble. C’est ainsi que l’on assiste au « viol légalisé » ou « la banalisation du mal ».

Traumatisé par ces évènements, il fut placé dans un hôtel social dans le 12ème
arrondissement de Paris. Par la suite, il trouva refuge chez des amis.

En 2001, il reçoit une lettre. Il est mit sous tutelle par l’État français par l’Union Départementale des Association Familiales (UDAF de Seine et Marne).  Ce pays qui ne voulu pas assumer son existence, gère désormais sa vie. En effet, cette association lui trouve un appartement délabré dans la ville de Meaux. Il est tellement insalubre, que limaces, souris, sauterelles et autres parasites logent avec lui. Le taux d’humidité était anormalement élevé. Un matin, le propriétaire, Guy Hustache, tenta même de le tuer en ouvrant le gaz volontairement. Heureusement, Mason était avec une amie Fabiola B., témoin de la scène. Décidément, la vie arriva à temps à chaque fois que l’humain dans sa bassesse la plus crasse a voulu le supprimer.

Mason est, une fois de plus, livré à lui-même. Il ne voit pas le monde dans lequel il vit mais le subit plus que quiconque. Bien sûr, face à la situation, il réagit. Il s’est battu pour lever cette tutelle. Au bout de 3 ans de combat, il obtint gain de cause mais, à l’image de petites arnaques minables, l’État lui laissa une dette de 3000€ à la « Banque de France ».

Est-ce le sort qui s’acharne sur le jeune homme ou une action délibérée de la France ? Depuis 2001, Mason a décidé de réaliser le rêve de sa mère Marie (qui était mannequin styliste modéliste) : devenir styliste designer et ainsi pouvoir lui rendre hommage. Mais quand on a un handicap, certains Français se renferment. Il se fit insulter. On lui cria de ne pas devenir styliste parce qu’il était aveugle.  Où était la justice une fois de plus ? D’après lui, elle est sûrement morte le jour de sa naissance, un été 1789 (la Révolution Française) ?

Même par la suite, en voulant donner la chance à des jeunes dans le secteur de l’audiovisuel, le tout nouveau producteur de cinéma et télévision qu’il est devenu a subi les mêmes problèmes. Alors qu’il organisait un grand casting pour la série télévisée MICKEY BOOM, qu’il avait créée, une fois de plus, il se fit insulter par des jeunes gens, déçus ne n’avoir pas réussi le casting. De plus, ces on-dit (et resteront à jamais des on-dit) sont véhiculés par un certain James Chabert, créateur de l’association Stoppons Les Arnaques Au Casting (SLAAC). Malgré les plaintes déposées contre ce Monsieur Chabert à Meaux et à Bordeaux (auprès de la Police, la CNIL, Tribunaux et le Procureur de Seine et Marne), ce fut encore et toujours la parole d’un blanc contre celle d’un noir. La sentence tombe alors avant même le scandale dénoncé. Combien de professionnels du cinéma sont-ils fichés à leur insu sur ce site web (Stoppons Les Arnaques Au Casting) ? Ici aussi, la justice est restée bien tranquille au fond de son lit. Peut-être est-elle déjà morte ? Dans ce cas, les avocats, policiers, juges etc… ne seraient là que pour faire semblant en se faisant de l’argent sur le dos des gens, faisait croire à une justice, une équité.

Indignée qu’une telle forme de justice règne en France, la Défenseur des Enfants Claire Brisset demanda des comptes à la justice. Mais cette dernière se terra à nouveau dans son profond silence, ignorant tout de la souffrance de celui qui réclame justice, encore 20 ans après.

La justice a pourtant eu une chance de faire ses preuves et se racheter auprès de Mason. Le procès de son oncle et sa tante s’est tenu en juin 2004. Mielleuse à la barre, on ne retiendra que la détresse de Madame Janette Ekwalla face au présumé menteur Mason Ewing. Les larmes coulèrent le long des joues de l’assistante de Lucifer à l’image des bijoux de luxe dont elle s’était revêtue ce jour là. Les jurés sont conquis. Voyant que la justice ne pourrait être rendue, Mason demanda au juge une peine d’un euro symbolique, simplement comme une reconnaissance du mal qui lui a été fait. Bluffant la justice avec son élocution, le couple Ekwalla s’en sort haut la main avec 15 mois de sursis et une légère amende de 5000€ … jamais versée.

 

Tout au long de son existence, Mason ne fut jamais entendu par la soi-disant justice française. Et c’est parce qu’il ne souhaite plus que d’autres enfants subissent ce qu’il a subit, qu’en 2017 il décide de porter plainte contre la Police. Mais il n’est pas dupe et craint que, une fois de plus très peu de monde l’entendra et se sentira concerné. Il craint que l’affaire soit reléguée au rang des affaires classées.