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Si tu t’es fait violer, c’est toi l’accusée

Si tu t’es fait violer, c’est toi l’accusée


 

« Monsieur le Juge, je demande pardon à l’accusation d’avoir été violée. Pardon pour n’avoir eu que 14 ans. Mais surtout, pardon de ne pas m’être débattue, tétanisée par la peur ». Ainsi aurait dû commencer le témoignage de Dahina Le Guennan lors de son procès… oups pardon !! Celui du multirécidiviste Michel Fourniret, son violeur qui abusa d’elle alors qu’elle n’avait pas quinze ans.

Le récit est assez troublant. Mais, en définitive, pas si différent de celui des autres personnes violées. Le problème, avec la justice française, c’est que quoi que vous ayez fait, qui que vous ayez abusé ou tué, avec de bons avocats vous passerez pour un pauvre petit ange qui n’a pas su résister à ses pulsions. Ces mêmes avocats font oublier la victime pour que le violeur soit placé au centre de l’affaire et présenté comme une humble personne qui prêche la Bonne Nouvelle. Les faits sont là.

 

  • Les faits
Le 4 septembre 1982, Dahina Le Guennan métisse et élève en classe de 3ème, revient chez elle après un dîner chez une amie. Pour cela elle doit emprunter le train, mais sa mère ne peut pas venir la récupérer à la gare. Il est 22H40, et la jeune fille doit finir le trajet à pied, seule dans la nuit noire. Sur le chemin, un homme lui agrippe le bras. D’un ton calme, il lui montre un récipient de vitriol, lui disant que si elle ne lui obéit pas, il va la défigurer. Il lui raconte alors qu’il a volé une voiture et qu’elle est prise en otage. Si elle se comporte bien avec lui, il la laissera à la frontière en ne lui faisant rien. Il lui parle d’un ton étrangement posé. Ne lui faisant qu’à moitié confiance, Dahina monte. Il s’arrête dans un champ où il lui annonce qu’il va simuler un viol pour qu’elle ne soit pas accusée de complicité. Aussitôt dit, il allonge le siège passager, la déshabille et la viole. Il jouit dés les premiers instants, trop excité pour retenir sa semence… Mais, en bon gentleman, Fourniret la remmène devant chez elle.

 

  • Une justice hypocrite, fidèle à elle-même
Deux ans plus tard, elle est convoquée au Tribunal d’Évry pour relire sa déposition. Dahina a 16 ans et sa mère n’est pas invitée.
Après signature dudit papier, le juge fait entrer le pervers pour une confrontation sans que l’adolescente soit prévenue. L’avocat de Fourniret incrimine celle-ci en lui posant des questions brutales : « Aviez-vous bu ou fumé un joint ?». Le juge n’intervient jamais et aucune question n’est posée à l’accusé (présumé innocent et victime). C’est comme si les rôles de la justice s’inversaient et que le juge prenait parti de celui qui se vide sur tout ce qui bouge. A croire que le magistrat se reconnaît en Fourniret… Déjà humiliée deux ans plus tôt, c’est au tour de l’avocat de s’en charger à cœur joie, de défendre sans retenue son éjaculateur précoce favori. Personne ne prend en considération les mots de la jeune fille.
Souillée une seconde fois, moralement très affaiblie, elle décida de se nourrir différemment anxiolytiques marinés sur lit de somnifère à volonté. Les mélanges médicamenteux n’eurent pas raison d’elle et ce, trois fois.
C’est pourtant à ce moment de la vie qu’une adolescente se construit. Sa scolarité fut réduite en poussière. Côté familial, le père a déserté plusieurs années auparavant. Alors que toutes les filles de son âge se concentrent sur les manuels scolaires, l’esprit de Dahina est focalisé sur cette sombre affaire.

 

En juin 1987 s’ouvre le procès. Les jurés ont été peu convaincus par la version de Dahina.
L’accusé s’en sort finalement avec une peine de seulement 7 ans de prison ferme dont 2 avec sursis. Fourniret a été sauvé par son éjaculation précoce et ses remords. Du chef d’accusation de « Viol », on est descendu à « Attentat à la Pudeur ». Dahina déclara : « Tout ce qui intéressait les experts était de savoir si mon hymen avait été assez déchiré ! » Là est la honte de la justice française : à harceler la victime. Ces experts, ou ces hommes ayant la quarantaine révolue, ne se sont pas fait arracher leur virginité au coin d’une rue. Alors pourquoi s’en soucier ? Après tout, ce n’est qu’une simple métisse, une parmi tant d’autres…

Ce qui est bien, en France, c’est que plus vite tu finis ton yaourt, moins tu prends !! C’est une véritable course contre la montre que devraient essayer plusieurs violeurs. Le Guide du Parfait Violeur et Pédophiles en Tout Genre devrait sortir l’année prochaine aux éditions du Ministère de la Justice.
Quatre mois plus tard, Fourniret sort de prison et, ni une ni deux, à Auxerre, il tue la jeune Isabelle Laville au mois de décembre suivant.

 

  • Ce qu’il faut retenir
Un viol ? Que nenni ! Un enfant violé ? Que nenni ! Une fille métisse violée ? Ce n’est qu’une descendante d’esclave noir qui a reçu les bonnes grâces de son maître blanc. La justice n’est pas aveugle, elle ne voit seulement pas les taches foncées dans la masse blanche.
Ne doit-on pas crier au racisme ? Non pas du tout, le violeur s’est lâché sur une métisse.
La justice cautionne parfaitement les viols « à main armée » et les victimes sont mises au ban de la société. Les ténors du barreau n’en ont que pour leur carrière et ont oublié leur objectif premier : participer à une justice sous la seule couleur de la fraternité. Mais aujourd’hui il s’agit d’une tout autre fraternité, celle qui rassemble juges et avocats contre les victimes.