Tags

Articles Similaires

Partager :

Les pauvres sont trop riches

Les pauvres sont trop riches


 

Au-dessus, il y a les riches que l’on peut qualifier de « pauvres riches », ensuite les « moyens pauvres » et en bas, les « riches pauvres ». Les riches sont pauvres d’humanité et de bons sens. Ils n’en n’ont que pour l’argent et n’ont de pitié pour personne (et même souvent entre eux). Les moyens pauvres sont la classe moyenne qui a des revenus moyens mais qui se retrouve avec pas grand-chose car les pauvres riches avalent tout. Et ensuite les riches pauvres. Ils connaissent l’humanité, connaissent la vie mais cette dernière ne leur rend rien. Voici encore un exemple du système libéral que subit Romain depuis près de 20 ans. Il en a aujourd’hui 43.

 

  • Le bourrage de crâne des riches face aux pauvres

« Il y a une manière noble d’être pauvre, et qui ne la connaît pas, ne saurait être riche. » Sénèque, avec cette phrase, relègue riche ou pauvre au même plan.

Romain fut placé en internat dans une école aisée à son entrée en classe de sixième. Ses parents venaient de divorcer quelques années plus tôt. Né d’une mère modeste et d’un père issu d’un niveau social élevé, il a une préférence pour la simplicité. Dans cet établissement privé, les riches côtoient rarement les pauvres. Ce qui se fait ressentir car même l’équipe éducative montre à Romain la différence entre les deux classes. A croire que nous ne sommes pas tous des humains et que des gens valent mieux que d’autres. Enfin c’est ce qu’on enseigne à ces élèves en dehors des matières et cours normaux.

Pas étonnant de voir autant de pourris dans les bureaux de l’État. Car quand on regarde, ceux qui occupent de hauts postes sont souvent ceux qui ont pu se payer les études. Quand on montre à quelqu’un depuis sa naissance qu’il est au-dessus des autres et que ces autres lui donnent de l’argent, on s’enferme dans sa bêtise sans le savoir.

Il n’y a qu’à regarder combien il y a de personnes dans ce cas là. Par exemple, nous avons Patrick Balkany (fils du fondateur de Réty), Jean-François Copé (fils d’un grand médecin parisien), Marine Le Pen (fille d’un borgne) ou encore Jérôme Cahuzac (fils d’un ingénieur, ami de Pierre Mendès France).

Dans sa jeunesse, Romain se passionne pour les arts : le dessin et la musique. Il fait une fabuleuse rencontre, une vedette de l’époque : Björk. Pour elle, il compose beaucoup et dans divers styles de musiques. Mais quand vint l’heure de toucher ses droits auprès des différents artistes, il refuse les chèques. Il a une vision de la vie un peu utopique. Cette période correspond à celle de son « passage à l’âge adulte » ; il avait 22 ans.

Au moins, il est resté modeste tout au long de sa jeune existence. Contrairement à certains hommes politiques, il refuse de voir l’argent comme principal centre d’intérêt dans sa vie.

« A l’époque, quand on m’a proposé des chèques pour mon travail effectué dans la musique, je les ai refusés : je voulais rester libre »

 

  • Une vie très chamboulée

Après avoir raté son diplôme de droit, il ne se présente pas aux rattrapages. En effet, il décide de donner à sa vie une nouvelle direction en créant sa propre société. Mais cette perspective d’avenir ne durera que 6 mois. Après un accident de moto et une fracture à l’épaule, il s’aperçut que les amitiés solides n’étaient pas celles fondées sur les soirées. Non. Dès qu’il ne fut plus en état d’enfourcher une grosse cylindrée, ses amis se détournèrent de lui.

Une période délicate pour le jeune homme, d’autant plus qu’il eut à subir en même temps une déception amoureuse. Devenu SDF, il fit une rencontre assez traumatisante avec la drogue, il s’explique :

« Dans ma déroute, j’ai fait de mauvaises rencontres et j’ai été abusé par un manouche. Ils m’ont drogué à l’héro, m’ont piqué en me tenant un discours de barge et après j’étais à l’ouest, pertes de mémoire et rebelote. […] Ils m’ont fait boire une fiole entière d’artane. »

Pendant 8 ans, il se mit à vagabonder dans les rues de quelques pays frontaliers tels que l’Espagne ou l’Italie. C’est d’ailleurs à Venise, la Cité Flottante, qu’il fut retrouvé et rapatrié grâce à sa famille, suite à un avis de recherche. De retour sur sa terre natale, il fut interné quelques temps en hôpital psychiatrique.

« 8 ans d’hallucinations, seconde par seconde »

BD Tchi & Kapputt

Dés sa sortie, il reprit sa passion pour le dessin et réalisera quelques bandes-dessinées. Après un passage chez deux éditeurs peu scrupuleux, il imprima lui-même sa propre BD : Tchi & Kapputt sous le pseudonyme Porlafox.

Imprimer et éditer une œuvre est une grande première pour lui. C’est le résultat d’un dur labeur et d’une grande débrouillardise malgré sa grande précarité (ses parents ayant financé la moitié, Romain a dû compléter la somme en réussissant à vendre plusieurs bandes-dessinées dans les rues d’Île-de-France). Bien évidemment, l’État français, avec son lot de lois à la con, était encore au rendez-vous pour le bloquer. Il a bien un numéro ISBN mais il lui manque une seule chose : une structure juridique. Et , comme monter une entreprise nécessite des fonds (surtout à cause des taxes imposées même quand il n’y a pas de revenus), ce n’est pas si simple. C’est dingue quand même que notre chère France impose les entreprises qui ne gagnent rien !. Décidément, ils ne laissent vraiment aucune chance à l’innovation, contrairement à d’autres nations comme les États-Unis ou autres…

 

Le seul espoir de Romain est maintenant de trouver un éditeur de bande-dessinée honnête, prêt à avoir confiance en ses scenarii, prêt à prendre des risques… bref, faire son travail d’éditeur. En plus, pour tout éditeur intéressé, ce serait un bon pari : donner une chance à un SDF, vendre les bandes-dessinés d’un homme de la rue. C’est autant un geste social qu’un argument marketing qui pourrait toucher beaucoup de monde. On n’a achète pas seulement une BD, mais on prend part à une cause.

Et pour les mauvaises langues qui diraient qu’il ne cherche pas de travail alors qu’il était à la rue, détrompez-vous car Romain a voulu se donner une seconde chance. Après être passé par une entreprise de réinsertion, il avait trouvé un poste à Disneyland Paris. Sauf que, sans casier judiciaire, ils l’ont refoulé. Justement, les « casiers » ont étés privilégies (pour une fois !). Alors si je comprends bien : quand on a un casier on vous dit « Dégage, morveux »  et quand on n’en n’a pas, le discours change « Va cambrioler, on en reparle après ».

C’est très bien de donner une chance à ceux qui veulent se réinsérer. Sauf que Romain, lui, n’en n’a-t-il pas autant besoin ? Ce n’est pas parce qu’on ne sort pas de prison qu’on a plus de chance… Quand est-ce que quelqu’un lui donnera une chance, lui tendra la main ?

Vous, les bons chrétiens qui allez à la messe le dimanche, les bons musulmans qui allez à la mosquée, les juifs à la synagogue, où êtes-vous ? La France entière ne vous reconnaît plus. A part quelques associations, ce ne seront bientôt plus que les extrêmes qui vous représenteront si vous ne faites rien. Agissez pour le bien, tendez la main aux autres. Pas seulement en restant confortablement dans vos maisons et en donnant hypocritement aux associations en vous disant « Ainsi va le monde, qu’y puis-je ? » Descendez dans la rue et inondez les pavés de monde, de personnes qui tendant la main aux pauvres. Pas seulement monétairement mais humainement.

Et même sans parler des religions, que font les athées des valeurs humaines ? Honnêtement, beaucoup s’en fichent.

 

Fin mars 2017, Romain a fait la connaissance du styliste producteur aveugle Mason Ewing qui souhaite lui donner une seconde chance. C’est marrant, c’est un ancien SDF sans papier, noir puis naturalisé français qui souhaite aider un français blanc à se relever. N’est-ce pas ironique ? Ce dernier l’a reçu pour parler d’une éventuelle collaboration avec sa société MASON EWING CORPORATION. Mason souhaite développer son département BD.

Une rencontre digne de celle de Sirima et J.-J. Goldman. Alors que Romain était entrain de vendre ses bande-dessinées dans les rues de Meaux, une personne de l’équipe de Mason le repéra. Dés le lendemain, il reçut un appel de ce dernier pour organiser une rencontre.

Le style de dessin de Romain est très axé sur du cartoon décalé. Des personnages difformes et un décor orienté sur la suggestion. De plus, les cases sont très coloriées. Ce sont des dessins que l’on a très peu l’habitude de voir. Il a son style propre mais il tout autant adopter un style plus réaliste.

Romain peut adopter plusieurs genres différents, cela implique une grande créativité… à vous de découvrir son univers (« Romain Alline » sur Facebook).

 

  • Économiser pour l’État

Quand il a pu travailler, Romain a mit un peu d’argent de côté. Ce sont ses économies, sa propriété exclusive. Mais, prétextant des problèmes d’argent, profitant de sa situation précaire ou posant je ne sais quel diagnostic mental, le psychiatre lui impose « curatelle forcée » :

« … quand on est interné en psy, il y a un diagnostic et après on passe devant un expert. Il décide si on a la raison ou pas pour gérer notre argent. Mais, en fait ils proposent systématiquement la curatelle. Je faisais environ 50 kg pour 1m73 quand je suis arrivé. Donc, ils ne m’ont pas laissé le choix… »

La seule chose que le curateur a fait de bien c’est de lui avoir trouvé un logement. C’est tout. Sinon cette personne lui impose restrictions sur restrictions … quelque chose qui ne lui appartient même pas.

« J’ai ……….€ de côté, […] je ne peux même pas les toucher, ils prennent une commission en plus sur tout ce que je touche. Si ça continue comme ça, bientôt je n’aurai plus rien. »

Les curatelles c’est bien, pour les personnes qui ont besoin d’assistance. Mais l’État abuse de son pouvoir en imposant ces services néfastes à quelqu’un qui n’en n’a pas besoin. Et ce, dans le seul but de contrôler encore un peu plus les richesses des pauvres. Après s’être attaqué à la classe moyenne et l’avoir affaiblie, le pouvoir abusif de l’État veut s’étendre.

Et c’est dans cet abus démesuré que l’État français se sert dans ces réserves ou alors gère très mal cet argent. Et, lorsque vous arrivez à vous défaire de cette curatelle et que vous vous dites que tout va bien, que les réels ennuis commencent. Plusieurs cas ont révélé qu’à la levée de cet esclavagisme légal, les personnes sorties de cette curatelle se sont retrouvées avec un découvert allant jusqu’à plusieurs milliers d’euros à leur insu. Espérons qu’à terme, ils n’auront pas pompé tout l’argent de Romain ou qu’ils ne vont pas le mettre volontairement à découvert…

 

Voyez comme l’État se fiche de nous. Romain en fait les frais et est toujours à la botte de l’État. Espérons un retour à la normale pour lui. Actuellement et pour subvenir à ses besoins, il vend sa collection de bande-dessinée dans la rue car il ne peut les vendre en librairie. Là encore, le Pouvoir impose ses restrictions débiles. Le futur, Romain le voit avec de l’espoir dans les yeux. La rue qui l’a tant abîmé, il ne souhaite plus y retourner. Actuellement, il met tout en œuvre pour oublier ces mauvais souvenirs, se détacher de l’État. C’est désormais à son talent qu’il s’en remet. « J’ai 43 ans, j’ai envie de me battre et j’ai envie d’avoir une belle vie, comme beaucoup de gens de mon âge».